
L'essentiel
- Date en 2027 : mardi 12 janvier en Algérie, jeudi 14 janvier au Maroc, deux jours fériés. Le grand repas se prend la veille au soir.
- Année : janvier 2027 ouvre l'an 2977 du calendrier amazigh (année grégorienne + 950).
- Origine : une fête agraire ancienne, commune à toute l'Afrique du Nord ; le mot vient du latin Ianuarius, « janvier ».
- Souhaiter Yennayer : ⴰⵙⴻⴳⴳⴰⵙ ⴰⵎⴻⴳⴳⴰⵣ (aseggas ameggaz), « bonne année », surtout en Algérie ; ⴰⵙⴻⴳⴳⴰⵙ ⴰⵎⴱⴰⵔⴽⵉ (aseggas ambarki), « année bénie », courant au Maroc.
Yennayer, c'est quoi ?
Yennayer désigne à la fois un mois et une fête. C'est le premier mois de l'année dans le calendrier agraire d'Afrique du Nord, et son premier jour marque le passage à la nouvelle année. En français, on parle de Nouvel An amazigh ou de Nouvel An berbère ; au Maroc, on entend aussi Id Yennayer, « la fête de Yennayer ».5
L'Encyclopédie berbère présente la fête comme liée au solstice d'hiver et la décrit comme la « Porte » de l'année.1 L'image se retrouve dans les noms que lui donnent ceux qui la célèbrent : en Kabylie, on parle des « portes de l'année ».3
Derrière cette fête se cachent trois réalités distinctes. Une célébration agraire ancienne, d'abord. Un calendrier amazigh qui numérote les années, ensuite, et qui date du XXe siècle. Une reconnaissance officielle, enfin, toute récente. Les distinguer permet de comprendre la fête.
Yennayer 2027 : quelle date ?
Yennayer 2977 se fête entre le 12 et le 14 janvier 2027. Les deux pays qui en ont fait un jour férié ne retiennent pas la même date :
| Pays | Jour de Yennayer en 2027 | Statut |
|---|---|---|
| Algérie | Mardi 12 janvier 2027 (repas le lundi 11 au soir) | Jour férié, chômé et payé, depuis 20187 |
| Maroc | Jeudi 14 janvier 2027 (repas le mercredi 13 au soir) | Jour férié payé, depuis 202468 |
| France et diaspora | Fêtes souvent organisées le week-end suivant | Pas un jour férié3 |
Pourquoi cet écart ? La fête suit l'ancien calendrier julien, qui accuse aujourd'hui treize jours de retard sur notre calendrier grégorien : le 1er janvier julien correspond au 14 janvier. Selon la revue Insaniyat, plusieurs facteurs expliquent les différences d'usage, parmi lesquels la durée de la fête, qui s'étend sur plusieurs jours, et le repas principal, toujours pris la veille au soir.2
Le chercheur Yassine Temlali apporte une précision utile : fêter Yennayer à date fixe, le 12 janvier, est une habitude récente, qui ne suit pas strictement le calendrier agraire.4
Pourquoi l'an 2977 ?
Le calendrier amazigh ajoute 950 à l'année grégorienne. Comme Yennayer tombe en janvier, l'année amazighe change presque en même temps que la nôtre :
| Yennayer de… | Année amazighe |
|---|---|
| janvier 2025 | 2975 |
| janvier 2026 | 2976 |
| janvier 2027 | 2977 |
| janvier 2028 | 2978 |
Ce point de départ, 950 avant notre ère, renvoie à l'accession au trône d'Égypte de Sheshonq Ier, pharaon d'origine libyenne. Le décompte n'est pas ancien : l'Académie berbère a été fondée à Paris en 1967, et c'est l'un de ses membres, Ammar Negadi, qui a proposé ce point de départ ; le calendrier a été publié pour la première fois en 1980.2 La revue Insaniyat estime d'ailleurs que la date de 950 manque de fondements scientifiques : l'avènement de Sheshonq est plutôt situé vers 945 avant notre ère.
La fête est séculaire ; la numérotation des années est moderne. L'une n'enlève rien à l'autre.
D'où vient le mot Yennayer ?
Pour l'Encyclopédie berbère, le nom du premier mois du calendrier julien « dérive manifestement du latin Ianuarius », c'est-à-dire janvier.1 Le dictionnaire « Amazigh du Maroc » d'Amazigho donne d'ailleurs ⵉⵏⵏⴰⵢⵔ (innayr) au sens de « janvier ».9
Une autre explication, très répandue, cherche l'origine du mot dans la langue amazighe : il associerait un terme signifiant « un » ou « premier » et un terme signifiant « mois » ou « lune ». La fiche d'inventaire du patrimoine culturel immatériel consacrée à Yennayer par le ministère français de la Culture la mentionne, puis l'écarte : le calendrier est solaire, et les onze autres mois portent eux aussi des noms d'origine latine.3
Ce que disent les sources — L'origine latine est retenue par les ouvrages de référence. L'étymologie amazighe, que Yassine Temlali juge plus identitaire que scientifique, dit autre chose : l'attachement des locuteurs à ce mot.4
Une fête dont on suit la trace dans les textes
Le calendrier julien, officialisé dans l'Empire romain en 45 avant notre ère, a été introduit en Afrique du Nord, où il a servi de repère aux travaux agricoles.3 Les fêtes du début de janvier y sont attestées dès l'Antiquité, sous le nom de « calendes de janvier » : la fiche d'inventaire cite un traité de Tertullien, une mosaïque du site de Thysdrus, en Tunisie, et un sermon d'Augustin d'Hippone.3
Après le VIIe siècle, le calendrier lunaire de l'Hégire s'impose pour la vie religieuse. Le calendrier solaire, lui, reste utile aux champs. Les textes arabes médiévaux désignent d'abord la fête par le mot qalandas, adaptation de « calendes ».
| Époque | Trace écrite |
|---|---|
| Antiquité romaine | Fêtes des calendes de janvier attestées en Afrique du Nord |
| Al-Andalus médiéval | Le poète cordouan Ibn Quzman emploie l'expression aid al Yannayr pour la fête du 1er janvier |
| XIIIe siècle | Premier texte attestant Yannayr en Afrique du Nord, signé des al-Azafi, qui mettent en garde contre cette fête |
| XVIe siècle | Hassan al-Wazzan décrit à Fès des enfants masqués qui vont de maison en maison demander des fruits en chantant |
Selon la même fiche, le mot Yennayer serait passé par l'Andalousie musulmane avant de se diffuser en Afrique du Nord, à l'époque où les empires almoravide puis almohade réunissaient les deux rives.3 Ce calendrier n'a jamais été propre aux seuls berbérophones : en Algérie, il était utilisé par les berbérophones comme par les arabophones, et l'Encyclopédie berbère note que les rites de la fête diffèrent peu d'un groupe à l'autre.41
Comment se fête Yennayer ?
Au-delà des différences régionales, l'objectif des rites est toujours le même : présager une année féconde.3 L'Encyclopédie berbère les ramène à quatre préoccupations : écarter la famine, présager le caractère de l'année à venir, marquer le changement de cycle saisonnier et accueillir des forces invisibles, représentées par des personnages masqués.1
Préparer la maison
Avant la fête, on termine ce qui a été commencé dans l'année, comme le tissage en Kabylie. La maison est nettoyée de fond en comble, on remplace ce qui est usé, on achète des vêtements neufs.3
Le repas, cœur de la fête
Le repas familial est le rite principal. Chacun doit manger à satiété, signe d'abondance pour l'année.3 Il est souvent précédé du sacrifice d'un coq, censé protéger la famille, et l'on dépose une cuillère dans une assiette vide pour les absents.
Lire l'année à venir
À la fin du repas, une coutume consiste à déposer une poignée de couscous devant la porte. Le lendemain, on l'examine pour en tirer des présages sur le temps et les récoltes. Ailleurs, des coupelles de sel remplissent le même rôle.3
Les enfants et les masques
Les enfants, masqués, vont par groupes à travers les rues en chantant et collectent gâteaux et friandises.3 La revue Insaniyat cite, parmi les noms donnés à la fête, l'ayrad des Beni Snous.2 Yennayer est aussi le moment de la première coupe de cheveux des tout-petits.
La Vieille de Yennayer
Une légende revient dans toutes les régions. Une vieille femme, croyant l'hiver fini, se moque de lui ; vexé, l'hiver emprunte deux jours au printemps et déclenche un orage qui l'emporte. Les variantes sont nombreuses.3 Pendant le repas, on dit aux enfants qui ne mangent pas assez que la Vieille viendra leur remplir le ventre de paille, et une part du dîner lui est réservée.1
Que mange-t-on à Yennayer ?
Il n'existe pas un plat unique : chaque région a le sien, mais tous disent l'abondance espérée pour l'année.35
- Le couscous aux sept légumes, plat de fête par excellence ;
- La volaille, souvent le coq du sacrifice, en Kabylie ;
- Le cherchem, à base de fèves, de pois chiches et de blé dur ;
- Le berkoukes, grosses graines de semoule mangées la veille ;
- La tagoula, bouillie de céréales du Souss ;
- Beignets, crêpes et fruits secs, pour finir le repas.
Selon les régions — Ces pratiques ne sont ni universelles ni figées. Certaines ont disparu avec le recul du monde agricole, d'autres se sont transformées. Chaque famille en garde ce qui fait sens pour elle.
Comment souhaiter bonne année en amazigh ?
Deux vœux reviennent partout : aseggas ameggaz, le plus répandu, et aseggas ambarki, très courant au Maroc.1012 Dans les deux cas, le premier mot signifie « année ». Voici comment les écrire en tifinagh :
| En tifinagh | En lettres latines | Sens | Où l'entend-on ? |
|---|---|---|---|
| ⴰⵙⴻⴳⴳⴰⵙ ⴰⵎⴻⴳⴳⴰⵣ | aseggas ameggaz | « bonne année » | Surtout en Algérie ; moins courant au Maroc, où la presse l'emploie pourtant aussi51012 |
| ⴰⵙⴻⴳⴳⴰⵙ ⴰⵎⴱⴰⵔⴽⵉ | aseggas ambarki | « année bénie » | Très courant au Maroc10 |
Mot à mot, ⴰⵙⴻⴳⴳⴰⵙ (aseggas) veut dire « année » : c'est le mot que donnent nos dictionnaires kabyle, chaoui (aseggwas) et de l'amazigh du Maroc (asggʷas).9 ⴰⵎⴻⴳⴳⴰⵣ (ameggaz) signifie « bon » dans le dictionnaire kabyle.9 ⴰⵎⴱⴰⵔⴽⵉ (ambarki) est un mot emprunté à l'arabe, qui veut dire « béni ».1011
ⴰⵙⴻⴳⴳⴰⵙ ⴰⵎⴱⴰⵔⴽⵉ
Au Maroc, la presse écrit aussi le premier vœu sans la voyelle ⴻ : ⴰⵙⴳⴳⴰⵙ ⴰⵎⴳⴳⴰⵣ (asggas amggaz).13 Les deux graphies se lisent. En lettres latines, l'orthographe change d'un média à l'autre : assegas amegaz, aseggas ameggaz, asseguass amegaz… désignent la même formule.51012
D'autres vœux circulent. Morocco World News cite aussi aseggas amaynu (amaynu signifie « nouveau »), aseggas ighudan et aseggas anammar, présentés comme d'anciens souhaits d'une année bénie, nouvelle, prospère et heureuse.11 Dans le Souss, on entend plutôt asseguass ifoulki (graphie de Yabiladi), « belle année ».10 Les formes varient d'une région et d'une variété à l'autre.
Le générateur d'Amazigho transforme ton vœu en image à partager : huit styles d'écriture tifinaghe, six fonds et trois formats (carré, portrait, story).
Yennayer au Maroc et en Algérie : une fête devenue officielle
En Algérie, le chef de l'État a décrété fin décembre 2017 que le premier jour de l'an berbère serait férié ; depuis le 12 janvier 2018, c'est un jour chômé et payé, au même titre que le Nouvel An de l'Hégire et le Nouvel An grégorien.7
Au Maroc, la décision royale a été annoncée début mai 2023.8 Prise sur recommandation de l'Institut royal de la culture amazighe (IRCAM), elle fait du Nouvel An amazigh, « coïncidant avec le 14 janvier », un jour férié ; deux décrets ont été examinés en Conseil de gouvernement le 23 novembre 2023 pour l'inscrire dans la liste des jours fériés.6 Le 14 janvier 2024 a été le premier Yennayer férié au Maroc.
Yassine Temlali parle à ce sujet de « tradition inventée », au sens des historiens : une célébration à date fixe, récente dans sa forme, mais bien ancrée dans la société.4 La formule ne retire rien à la fête. Elle rappelle qu'une tradition vit parce qu'elle se réinvente.
Yennayer en France et dans la diaspora
Hors d'Afrique du Nord, la fête change de forme. En région parisienne, la fiche d'inventaire recensait, lors de son enquête de 2019-2020, au moins une vingtaine d'événements publics chaque année : repas, concerts, conférences, journées culturelles portées par des associations dont certaines sont actives depuis plus de quarante ans.3
Comme Yennayer n'est pas férié en France, ces rendez-vous ont souvent lieu le week-end suivant, et s'étalent parfois jusqu'en février. Certains rites ne se transposent pas en ville, comme le carnaval des enfants ou le sacrifice du coq. La cuisine et la musique, en revanche, restent les deux grands vecteurs de transmission.
Que représente Yennayer aujourd'hui ?
Pour beaucoup de familles, Yennayer reste d'abord un moment de transmission : celui où l'on prépare ensemble un plat, où l'on raconte, où l'on partage. C'est aussi devenu un repère d'identité culturelle, bien au-delà du monde agricole qui l'a vu naître.
À retenir — Yennayer est une fête agraire ancienne, commune à toute l'Afrique du Nord et attestée par les textes depuis l'Antiquité. Son calendrier chiffré date de 1980, et sa reconnaissance officielle de 2018 (Algérie) et 2024 (Maroc). En 2027, il ouvre l'an 2977.
Questions fréquentes
Yennayer, c'est quoi ?
Yennayer est le premier jour de l'année du calendrier agraire d'Afrique du Nord. On l'appelle aussi Nouvel An amazigh ou Nouvel An berbère.
Quelle est la date de Yennayer 2027 ?
Le mardi 12 janvier 2027 en Algérie et le jeudi 14 janvier 2027 au Maroc, deux jours fériés. Le grand repas se prend la veille au soir.
En quelle année amazighe sommes-nous en 2027 ?
Le calendrier amazigh ajoute 950 à l'année grégorienne : Yennayer de janvier 2027 ouvre l'an 2977.
Yennayer est-il férié au Maroc ?
Oui. Depuis 2024, le 14 janvier est un jour férié payé au Maroc. En Algérie, le 12 janvier est férié, chômé et payé depuis 2018.
Comment dire bonne année en amazigh ?
Deux vœux dominent : « aseggas ameggaz » (ⴰⵙⴻⴳⴳⴰⵙ ⴰⵎⴻⴳⴳⴰⵣ), « bonne année », surtout en Algérie, et « aseggas ambarki » (ⴰⵙⴻⴳⴳⴰⵙ ⴰⵎⴱⴰⵔⴽⵉ), « année bénie », très courant au Maroc. Les graphies latines varient (assegas amegaz, asseguass ambarki…).
Que veut dire « aseggas ambarki » ?
« aseggas ambarki » (ⴰⵙⴻⴳⴳⴰⵙ ⴰⵎⴱⴰⵔⴽⵉ) se traduit par « année bénie » : aseggas signifie « année » et ambarki, mot emprunté à l'arabe, « béni ». C'est l'une des formules de vœux les plus courantes au Maroc.
Que mange-t-on pour Yennayer ?
Le couscous aux sept légumes est le plat le plus répandu ; on prépare aussi, selon les régions, de la volaille, du cherchem, du berkoukes, de la tagoula, des beignets, des crêpes et des fruits secs.
Yennayer est-il une fête religieuse ?
Non. C'est une fête liée au calendrier agraire et au cycle des saisons, célébrée en famille par des berbérophones comme par des arabophones.
Qui est la Vieille de Yennayer ?
Un personnage de légende : une vieille femme punie par l'hiver pour s'être moquée de lui. On l'évoque pendant le repas, et une part du dîner lui est réservée.
Sources
- C. El Briga, « Ennayer », Encyclopédie berbère, n° 17, 1996, p. 2643-2644. — journals.openedition.org
- Hocine Taoutaou, « Contribution au débat sur la fête populaire de Yennayer », Insaniyat, vol. 28, n° 106, 2024, p. 59-81 (CRASC, Oran). — insaniyat.crasc.dz
- Simone Tortoriello, « Le Yennayer, Nouvel An berbère en région parisienne », fiche d'inventaire du patrimoine culturel immatériel, ministère de la Culture (France) / association Île du Monde, enquête 2019-2020. — culture.gouv.fr
- Yassine Temlali, « Yennayer : entre politique, fête populaire et “tradition inventée” », Middle East Eye (édition française), 12 janvier 2018. — middleeasteye.net
- Hespress FR, « Assegas amegaz 2973 : Id-Yennayer célébré au Maroc en bonne et due forme », janvier 2023. — fr.hespress.com
- Zaina Jnina, « Nouvel an Amazigh, officiellement inclut dans le calendrier des jours fériés » (titre d'origine), Hespress FR, 23 novembre 2023. — fr.hespress.com
- Taoufik Benlarbi, « Algérie : le nouvel an amazigh devient officiellement une fête nationale », Telquel, 28 décembre 2017. — telquel.ma
- « Le Maroc sur les traces de l'Algérie : Mohammed VI instaure le Nouvel An amazigh Yennayer comme jour férié », ObservAlgérie, 4 mai 2023. — observalgerie.com
- Amazigho, dictionnaires kabyle (fiches aseggas, ameggaz), chaoui (aseggwas) et « Amazigh du Maroc » (asggʷas), consultés le 2026-11-07. — amazigho.com
- Latifa Babas, « Ifoulki, Asseguass, and Tawja: Your Amazigh vocabulary for Yennayer », Yabiladi (édition anglaise), 13 janvier 2025. — en.yabiladi.com
- Adil Faouzi, « Aseggas Ambarki 2975: Yennayer, Three Millennia of the Free People's New Year », Morocco World News, 13 janvier 2025. — moroccoworldnews.com
- Hadia Beghoura, « Yennayer 2976 : les Algériens se disent tous « Assegas Amegaz » », Le Petit Journal Alger, 12 janvier 2021 (mis à jour le 12 janvier 2026). — lepetitjournal.com
- Hespress FR, « Hespress FR félicite ses fidèles lecteurs pour le nouvel An Amazigh », 13 janvier 2026. — fr.hespress.com
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